Homélie du 4e dimanche B 15.

Dimanche dernier nous avons rencontré Jésus appelant des hommes à être pêcheurs d’hommes...aujourd’hui nous l’entendons « parler avec autorité » et le voyons libérer un homme prisonnier d’un esprit mauvais. L’évangéliste Marc dit à deux reprises « que l’on était frappé par l’enseignement de Jésus car il enseignait en homme qui a autorité »...expression qui ne signifie pas qu’il parlait de façon autoritaire ...mais de façon personnelle...Il ne se contentait pas de répéter ce qui s’était dit avant Lui...ou se disait autour de Lui...il avait une Parole nouvelle qui venait du fond de son être...

Nous connaissons ce passage de l’évangile selon St Matthieu où il dit à plusieurs reprises « On vous a dit et moi je vous dis ». « Il a été dit « Tu ne tueras pas...et moi je vous dis : quiconque se met en colère contre son frère en répondra au tribunal »... »Il a été dit « Tu aimeras ton prochain et tu haîras ton ennemi et moi je vous dis « aimez vos ennemis » (Mth 5, 21-44) « Il parlait avec autorité » signifie aussi que Lui, Jésus, Fils de Dieu, peut dire des vérités qu’il est le seul à connaître. « Il parlait avec autorité » signifie encore que la Parole de Jésus avait beaucoup de force, d’impact du fait qu’elle était accompagnée d’actes...Nous le savons, lorsque quelqu’un vit ce qu’il dit il gagne l’estime et inspire confiance. Il est écouté. Sa parole a du poids...Celui qui vit ce qu’il dit est crédible. C’est bien le cas de Jésus. Il vit ce qu’il dit....ainsi Il dit « Pardonnez »...et lui-même pardonne à ses bourreaux. Il dit qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie et il le fait. Il donne sa vie... Il parlait avec autorité....sa parole s’accompagne d’actes. Il est crédible.

Dans notre évangile de ce jour nous voyons aussi Jésus libérer un homme prisonnier d’un esprit mauvais. Nous le voyons d’ailleurs souvent affronter l’esprit du mal qu’il appelle « le mauvais » « le Satan » celui qui s’oppose à Dieu et veut détruire son plan d’amour...celui qui se met en travers du chemin de l’homme qui veut aller vers Dieu. Le mal dans le monde ne vient pas seulement de la responsabilité de l’homme, mais de forces obscures qui nous dépassent. Paul VI disait « Le mal n’est pas seulement une déficience, il est le fait d’un être vivant spirituel, perverti et pervertisseur il est toujours à l’œuvre avec ruse et traîtrise ». Un homme, donc, s’écrie « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? » Jésus, perdre l’homme ? Non ! Il est venu pour le sauver !...Mais ce n’est pas seulement l’homme qui parle, c’est Satan qui veut mettre le doute dans le cœur de l’homme, qui veut détourner l’homme de Dieu et qui se sent menacé par plus fort que Lui, par Jésus lui-même. « Es-tu venu pour nous perdre ? » L’homme tourmenté par un esprit mauvais mentionné par notre évangile de ce jour représente tout homme, d’hier et d’aujourd’hui...C’est nous qui sommes tourmentés par l’orgueil, la rancune, la volonté de détruire, la désespérance...L’homme tourmenté par un esprit mauvais qui crie vers Jésus « es-tu venu pour nous perdre ? »...c’est nous qui parfois disons à Jésus « Je vivais bien médiocrement et tu m’appelles à la sainteté ! Pourquoi me déranges-tu ? Je vivais bien tranquillement, bien replié sur moi-même et tu viens me demander de donner de moi, de mon temps. J’étais enfermé dans ma rancune et tu viens m’appeler au pardon et à la réconciliation . J’étais dans le mensonge et tu viens m’appeler à la vérité ! » Jésus appelle l’homme tourmenté au silence. Il nous appelle nous-mêmes au silence pour que nous nous regardions en vérité et prenions conscience de notre besoin d’être renouvelés...

Si nous faisons cette démarche de clarté nous nous préparons à accueillir Jésus, à l’écouter, l’entendre nous dire « deviens enfant de lumière »...à lui permettre de nous libérer intérieurement de nos médiocrités et de nous faire avancer sur le chemin de l’amour du Père et des autres...bien sûr avec notre collaboration énergique car il ne nous sauve pas sans nous. Aujourd’hui le Seigneur pose son regard sur nous, comme il le faisait à la synagogue de Capharnaüm ...il voit en chacun de nous le visage de beauté que nous ignorons et qu’il veut faire apparaître...il voit en chacun de nous le possible « saint de Dieu » étranger au mal et pénétré de vie divine...Accueillons son regard maintenant et souvent .

Il veut susciter en nous notre vrai visage d’enfant de Dieu.

Père Michel Marie.

Devenir enfant de la Lumière.
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