Homélie du Mercredi des Cendres 15.

En recevant les cendres nous allons nous entendre dire, personnellement « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle »...Le carême est bien un temps fort de conversion, un temps fort pour vivre quelques retournements.

Le pape François , dans son message de Carême, nous invite à faire de ce temps une lutte contre l’indifférence. Il écrit « Un des défis les plus urgents sur lesquels je veux m’arrêter dans ce message est celui de la mondialisation de l’indifférence » Et l’indifférence peut prendre bien des visages. Il y a d’abord l’indifférence envers le Seigneur. Elle se manifeste pour la négligence à prier, par une absence de recherche spirituelle. Par l’absence de lien entre notre foi en Dieu et notre vie de tous les jours. Cette indifférence nous atteint tous plus ou moins.....Pour en guérir il nous faut repartir de cette conviction : +le Seigneur, lui, n’est pas indifférent à nous. Il porte chacun de nous dans son cœur. Il nous connait par notre nom. Il nous cherche quand nous l’abandonnons. Chacun de nous l’intéresse. François écrit « Dieu n’est pas indifférent au monde, mais il l’aime jusqu’à donner son Fils pour le Salut des hommes. A travers l’incarnation, la vie terrestre, la mort et la Résurrection du Fils de Dieu, la porte entre Dieu et l’homme, entre le ciel et la terre, s’est définitivement ouverte. Et l’Eglise est comme la main qui maintient ouverte cette porte grâce à la proclamation de la Parole, à la célébration des sacrements, au témoignage de la foi qui devient agissante dans l’amour »

Tout-à-l ’heure nous avons entendu l’appel de Jésus à la prière. « Quand vous priez »...La prière est bien le moment où nous ouvrons la porte au Seigneur pour qu’il puisse nous toucher en profondeur, nous revêtir de sa bonté, de sa lumière, de sa miséricorde...Tous les jours, plusieurs fois par jour, à tout moment, ouvrons la porte au Seigneur...Tous les jours de ce Carême prenons le temps de lire la Parole. Prenons notre « Prions en Eglise » ou « notre « Magnificat » et lisons la Parole. Arrêtons-nous sur un mot ou une phrase ou une attitude. Soyons attentifs à ce que le Seigneur nous dit de lui, de nous, de ce qu’il attend de nous...Soyons des fervents de l’Eucharistie. Lorsque le prêtre prend le pain et dit les paroles de Jésus « Ceci est mon corps »...en réalité c’est Jésus vivant, présent parmi nous qui redit aujourd’hui en empruntant les lèvres du prêtre « Ceci est mon corps » ceci est moi avec tout mon amour du Père et des hommes, avec toute ma richesse ». Le Seigneur n’est jamais aussi près de nous que lorsque nous célébrons l’Eucharistie...Si nous percevions le sens et la beauté de ce sacrement nous y courrions très souvent. Oui, soyons des fervents de l’Eucharistie ! Quel va être ma vie de prière pendant ce Carême ?

Il y a aussi l’indifférence envers les autres. François écrit « Il arrive, quand nous allons bien, d’oublier sûrement de penser aux autres...nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent...alors notre cœur tombe dans l’indifférence...alors que je vais relativement bien j’oublie ceux qui ne vont pas bien. Cette attitude égoïste d’indifférence a pris aujourd’hui une dimension mondiale au point que nous pouvons parler d’une mondialisation de l’indifférence. Il s’agit d’un malaise que, comme chrétiens, nous devons affronter. » Jésus nous dit « Quand tu fais l’aumône ». L’aumône est un vieux mot qui parle d’attention, de partage, d’esprit fraternel. St Paul a à ce sujet de magnifiques expressions « Que chacun de nous ne soit pas préoccupé de lui-même mais plutôt des autres » (Ph 2,4) « Faites disparaître de votre vie tout ce qui est amertume, emportement, colère, éclat de voix ou insulte ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres comme Dieu vous a pardonné dans le Christ » (Ep 4,29-32) « Si un seul membre souffre tous les membres partagent sa souffrance, si un membre est à l’honneur tous partagent sa joie » (1 Cor12,26) Quel visage va prendre mon ouverture aux autres pendant ce Carême ? Il y a encore l’indifférence à l’égard de la communauté de foi dont nous sommes membres. François interroge « Réussit-on à faire l’expérience d’appartenir à un seul corps ?...un corps qui connaît et qui prend soin de ses membres les plus faibles, les plus pauvres et les plus petits ? ou bien nous réfugions-nous dans un amour universel qui s’engage en faveur d’un monde lointain mais qui oublie le Lazare qui est assis devant sa porte fermée ? ( Cf Lc 16,19-31) Je désire tant que les lieux où se manifeste l’Eglise, en particulier nos paroisses et nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de l’indifférence » L’indifférence dans la paroisse consiste encore à ne pas se sentir concerné par les multiples services à assumer pour qu’elle vive et assume sa mission...Elle consiste encore à ne pas participer à ce qu’elle propose...

Ainsi chaque année notre paroisse propose chaque semaine de Carême une démarche à vivre en communauté...Si peu participent...Essayons cette année de progresser...Ce qui nous est proposé est toujours, évidemment, pour nous accompagner sur notre chemin de foi... Quelle va être ma participation à la vie de ma paroisse pendant ce Carême. Faisons de ce Carême une lutte contre l’indifférence pour adhérer aux appels du Seigneur.

Père Michel Marie.

Que faire de ce Carême ?
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