Homélie du Ve dimanche de carême C . Scrutin 3. Messe des familles.

Quelle fidélité dans l’amitié ! Quelle humanité dans la divinité !

Dans une sorte d’anticipation de la résurrection, Jésus nous lance une belle invitation. Frères et sœurs bien aimés de Dieu ! Chers enfants de la catéchèse ! Il était une fois un homme généreux qui était toujours prêt à accueillir Jésus et ses apôtres. Cet homme habitait un village situé à trois kilomètres de Jérusalem. Son village s’appelle Béthanie. Ce qui veut dire : « la maison du pauvre. » Cet homme avait deux sœurs : l’une active et combative s’appelle Marthe. Et l’autre contemplative et passive discrète, s’appelle Marie. Leur frère s’appelle Lazare. Ce qui veut dire : « que Dieu secoure,que Dieu aide. » Mais Lazare était tombé malade pire,il était mort. Ces deux sœurs Marthe et Marie sont profondément éprouvées,attristées . Du reste,elles ne vont pas manquer de le dire à Jésus. « Seigneur,si tu avais été là,mon frère ne serait pas mort. » Les deux sœurs sont sur la même pente de chagrin, mais elles n’atterrissent pas de la même manière. Là ou Marthe dit à Jésus : « Mais je sais que,maintenant encore Dieu t’accordera ce que tu lui demanderas, Marie, elle, en reste au chagrin exprimé. Face à l’événement tragique de la mort,face à l’énigme existentielle de la mort de nos êtres chers, nous ne sommes pas égaux. Nous sommes tenaillés et tiraillés entre la mélancolie du passé que nous avons vécu avec eux désormais absents et la nostalgie de l’avenir qu’il faut vivre pour eux mais sans eux. Cette page d’évangile est truffée de symboles et d’enseignements . J’en retiens trois importants. D’abord, la profonde humanité de Jésus. Fils de Dieu et Dieu,Jésus a pourtant vécu notre condition humaine en toute chose excepté le péché. Il a voulu être de plain-pied avec nous pour prendre nos vies humaines à bras le corps. Il a célébré les bienfaits de l’amitié : « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle mes amis. » (Jn15,15) Jésus se rend chez ses amis car il sait que la mort est fardeau trop lourd pour être porté tout seul. La fidélité dans l’amitié est source de réconfort. Mais la grande humanité de Jésus éclate plus encore dans les descriptions de St JEAN. Jésus est bouleversé. Il se trouble. Il frémit. Il est saisi au tréfonds de lui-même. « Et Jésus pleura» (Jn 11,35) Phrase brève mais pleine comme la coupe du chagrin,de l’émotion dense et intense. Quelle fidélité dans l’amitié ! Quelle humanité dans la divinité ! Vraiment le grand prêtre que nous avons n’est pas incapable de compatir à nos souffrances. ( He 4,15) Comme le demandait St Paul aux Romains : « Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie. Pleurez avec ceux qui pleurent. » (Rm 12,15) Mais Notre Seigneur Jésus ne se contente pas de pleurer. Il sait qu’il va réveiller le corps de Lazare pour éveiller le cœur de ses disciples. Car il comprend que dans nos fragilités nous avons besoin de signe de vie. Et lui Jésus est la résurrection et la vie. Qu’est-ce qui meurt quand quelqu’un meurt, Ce n’est pas la vie puisque la vie continue. Jésus déclare qu’il est la résurrection et la vie car il est le principe porteur et fondateur de toutes choses. « Par lui tout a été fait » (Jn1,10) Si donc par Lui tout a été fait, il est évident que par lui tout peut être refait de ce qui a été défait. Et c’est ce que nous voyons dans l’évangile. Ensuite la demande inattendue de Jésus qui constitue le deuxième enseignement. En effet une fois a tombeau,Jésus ordonna d’enlever la pierre. C’est là notre participation à notre résurrection Il faut enlever la pierre qui enferme chacun dans son monde, cloîtré dans les ténèbres de son mal,dans le trou de son inconscient. Jésus nous demande d’enlever la pierre qui nous empêche d’avoir accès à la vie véritable et de nouer une relation filiale avec le Père. Il faut rouler la pierre qui fait blocage à nos relations sociale et familiale et ecclésiale. La pierre de nos manques d’audace,de nos manques de pardon. La pierre froide de la méchanceté. A chacun sa pierre car à chacun son lieu d’ enfermement . C’est seulement une fois la pierre roulée que Jésus peut prier et crier : « Lazare,viens dehors ! » Mais, pourquoi Jésus avait-il réaliser ce signe grandiose qui allait sonner le glas de sa mission ? C’est le troisième enseignement. Jésus lui-même nous donne une réponse dans sa prière : c’est pour que nous puissions croire que c’est lui le Messie,l’Envoyé de Dieu. Plusieurs fois la question de la foi revient dans son dialogue avec Marthe la sœur de Lazare. Crois-tu cela ? Croire en lui c’est accepter de lui ouvrir notre maison intérieure comme Marthe et Marie. Croire c’est se fier et se confier à Dieu. Comment se fier à lui si tu ne l’aimes pas ? Comment l’aimer si tu ne le connais pas ? Comment le connaître si tu ne le cherches pas. Quand on ne sait pas ce qu’on cherche,on ne sait pas quand on l’a trouvé. Comment le chercher sans le désirer ? Désirer le connaître,pour « éprouver la puissance de sa résurrection », comme l’affirme saint Paul dans la deuxième lecture. Alors Jésus vous dit : Roulez la pierre et venez dehors. Telle est son invitation à la résurrection. Quelle sera votre participation ?

Père Jean Parfait CAKPO

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