Homélie du IV e dimanche de carême : Js 5,10-12/ 1Co 5,17-21/ Jn 9,1-41. (Évangile A)

Par Jésus, Dieu renouvelle sa création

IL accomplit notre rédemption

Il nous appelle à la réconciliation.

Ils ne voulaient pas le croire. Un aveugle qui se met à voir. Même ses voisins ne le reconnaissaient plus. Quant aux pharisiens et gardiens du temple, ils ne voulaient surtout rien savoir qui soit contraire à leur lecture et préjugés dogmatiques sur le shabbat. Le dicton a raison : « il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. » Mais grâce à Jésus,l’aveugle-né de Jérusalem,s’est mis à voir avec une telle lucidité qu’il était devenu capable de répliquer à ses adversaires, du tac au tac avec un brin d’ironie à la clé : (il suffit de lire le texte intégrale pour s’en rendre compte.) Lorsque les pharisiens lui disent de reconnaître que Jésus ne vient pas de la part de Dieu puisqu’il ne respecte pas le shabbat. Et que, du reste,eux ne savent pas d’où venait ce homme. Là l’aveugle a le propos cinglant : « l’étonnant est que vous ne savez pas d’où il vient et pourtant,il m’a guéri. » Ou encore : « Je ne sais pas si c’est un pécheur mais je sais une chose : j’étais aveugle et maintenant je vois. » Jn 9,25 Tout commence par une rencontre imprévue. L’évangéliste St Jean écrit que Jésus sortait du temple. Précisons tout de même que Jésus n’est nullement un prestidigitateur en mal de notoriété. Il agit comme l’ Envoyé de Dieu le Père en mission sur terre : pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,libérer les captifs,annoncer une année de bienfaits accordés par le Seigneur ; (Luc 4,18-20) Pauvre,l’aveugle l’était doublement :privé de la vue qui est la vie,il était mendiant par surcroît. En sortant du temple donc ,Jésus le vit et s’arrêta pour lui. Il va accomplir une délivrance ,une guérison qui est un triple signe lumineux. D’abord la guérison de cet homme est symbole de la miséricorde de Dieu. Jésus voit quelqu’un qui ne le voit pas et qui ne lui a rien demandé. Il s’arrête pour le sortir de ses ténèbres natives. Et nous,porteurs de son nom sommes-nous suffisamment attentifs aux autres nos frères et sœurs ? Il décide de s’occuper de lui,signe de la proximité active de Dieu.Jésus est l’icône de la tendresse infinie de Dieu qui vient réparer ce qui est abîmé en nous.Il redonne sa dignité à l’homme. Dieu est humain et rien d’humain ne lui est étranger. Par Jésus ,il nous dévoile son amour matriciel, sa bonté infinie, de son amour gratuit. Celui qui aime son prochain est dans la lumière. (1Jn 2,10 ) Du reste « l’amour est digne de foi . » Voilà pourquoi la guérison de l’aveugle ne connaît son dénouement véritable que dans sa profession de foi : « Crois tu au Fils de l’Homme ? » lui demande Jésus . Ainsi Notre Maître le fait-il passer du « voir » au « croire » pour l ‘amener à mieux voir. Car la foi permet de voir les réalités que l’œil ne peut voir. (Heb 11,1) En effet ce que l’œil n’a pas vu,ce que l’oreille n’a pas entendu,ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme,voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. » (1co,2,9) Nous comprenons davantage la béatitude du Seigneur : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu . » Jn 20,29 Mais voir quoi ou qui ? Il s’agit de voir le Christ Lumière du monde. Car quiconque regarde vers lui resplendira sans ombre ni trouble au visage. (Ps 33). Il s’agit de voir la lumière dans toutes ses dimensions. La lumière du cœur,c’est l’amour. La lumière de l’âme,c’est la bonté. La lumière de l’esprit, c’est la paix. La lumière du visage, c’est la joie. La lumière du geste, c’est le partage. Enfin la guérison de l’aveugle-né est signe du baptême : « Va te laver à la piscine de Siloé, » dit Jésus à cet homme. Sa guérison est également progressive sans oublier qu’elle a été confiée à sa propre initiative. Saint Augustin avait raison. Dieu qui nous a créés sans nous ne veut pas nous sauver sans nous. C’est en allant de lui-même se laver qu’il sera délivré de sa cécité. Il est devenu un être nouveau. Vraiment,il faut le proclamer à temps et à contretemps : Par Jésus, Dieu renouvelle sa création IL accomplit notre rédemption Il nous appelle à la réconciliation.

Père Jean Parfait CAKPO

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