« CŒUR JOYEUX AMÉLIORE LA SANTÉ… » (Pr17,22)

Dans l’immense et inépuisable bibliothèque sacrée que constituent les Saintes Écritures, il y a un trésor inestimable de Sagesse. Certains écrits en portent particulièrement l’empreinte comme ceux du Livre des Proverbes d’où est extrait ce court verset susmentionné. Le texte entier s’écrit ainsi selon la traduction de la Bible de Jérusalem : « Cœur joyeux améliore la santé, esprit déprimé sèche les os. » Mais dans la traduction œcuménique de la Bible (TOB), le même verset se traduit ainsi : « un cœur joyeux favorise la guérison, un esprit attristé dessèche les membres. » Plus poétique, la récente traduction officielle liturgique (TOL) proclame : « À cœur joyeux, santé florissante ! » Quelles que soient les traductions, ce verset appartient, selon les exégètes, à la première collection de proverbes d’inspiration très religieuse, attribuée au célèbre Roi Salomon. (931 av. J.-C). Ce sont donc là, de précieux conseils de l’illustre Roi à son fils auquel il désire révéler les chemins de la Vie. Or le Seigneur Dieu aime la Vie. De Lui, viennent et proviennent les joies de la Vie. La profusion des merveilles dans l’Univers visible et invisible en témoigne, jusqu’à provoquer l’admiration et l’émerveillement : « Grandes, merveilleuses, tes œuvres, Seigneur, Dieu de l’Univers ! » (Ap 15,3). Toute la Bible célèbre la joie et l’élève à un haut point de considération anthropologique et théologique. Qohéleth écrit carrément : « Moi je fais l’éloge de la Joie. » (8,15). Néhémie quant à lui suggère : « la joie du Seigneur est votre rempart. » (Ne 8,10). Il n’est guère malaisé de relever jusqu’à plus de trois cent cinquante occurrences bibliques faisant appel à la joie dans tous ses harmoniques. Autant dire qu’elle déborde chaque jour de l’année. Toutefois il ne s’agit pas, loin s’en faut, de la Joie idiotement béate de l’insouciant ; encore moins de la joie imbécile du cynique ; pas davantage de la joie perverse du sadique, ou encore des joies mauvaises que le malheur du juste procure à ses ennemis. (Ps 15,5 ; 35,26). Précisons-le également que ce serait une erreur monumentale de croire que la Parole de Dieu nous exhorte à la joie lorsque tout va bien et que l’existence baignerait dans le bonheur sans fin et sans fond. Si ç’avait été ainsi, Saint Paul n’aurait jamais écrit avec insistance : « Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous. » (Ph 4,4). Pourtant l’Apôtre des Nations était alors en prison. Dans la même logique, si la joie dont parle la Bible dépendait seulement des situations heureuses et des contextes favorables, le prophète Isaïe n’aurait jamais osé proclamer au moment de l’exil du peuple élu une joie en crescendo : « Jubilez avec Jérusalem, exultez à son sujet vous tous qui l’aimez. Avec elle, soyez enthousiastes, oui enthousiasmés, vous tous qui aviez pris le deuil pour elle. » (Is 66,10). Il est donc évident que le Sage connaît le prix de la joie comme facteur essentiel de la santé dont les ancrages sont engrammés au plus profond du cœur. Le début du verset dit : « À cœur joyeux…». Donc le siège de la joie, c’est le cœur. Voilà pourquoi le Livre des proverbes conseille : « Garde ton cœur en toute vigilance, car de lui dépendent les limites de la vie. » (Pr 4,23). Pour que la joie soit de longue portée et puisse apporter ainsi bonne santé ou longévité, le cœur doit se tourner vers la lumière de l’Amour, vers la Source de la Lumière qui est la Source de l’Amour : Dieu. Car « celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas gît dans la mort. » (1 Jn 3,14-20 ; 1 Jn 4,7-10). Or l’amour produit la joie et la joie tonifie la vie et « la vie est la lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme. (Jn 1,9). La joie est l’expression de l’amour qui s’élance de notre cœur. Il n’est pas outrancier d’affirmer que l’exhortation à la Joie et le goût de vivre sont les deux faces de la même feuille qui pousse sur l’arbre du bonheur. Dans la Bible, les promesses de Dieu portent bien souvent en elles, comme élément essentiel, les Joies de la vie humaine. (Dt 28,3-8). Qu’il s’agisse de l’humble joie que l’homme trouve dans le fruit de son travail (Qo3,22), en prenant un peu de bon temps ( Qo3,12) ou encore de la joie (8,15) qui lui permet d’oublier les maux de la vie, elle est, selon l’auteur la part que Dieu lui donne sur cette terre. N’oublions pas la joie que trouve le Juste et le fidèle Serviteur de Dieu dans le respect amoureux de la Loi du Seigneur.( Dt 16,11-14). Quant à la joie dont une femme, par sa grâce et sa vertu, comble son époux et vice-versa (Pr 5,18/ Si 26,2), elle est, selon les Saintes Écritures, l’image des joies les plus hautes (Is 62,5) et la préfiguration de L’ALLIANCE du Seigneur avec son Peuple. Du reste, le Seigneur Dieu lui-même prend l’heureuse initiative dans la dimension eschatologique de la joie à offrir à son peuple, de donner un festin de viandes grasses succulentes et de vins vieux décantés, comme l’écrit le prophète Isaïe. ( 25,6) Puisque le vin procure la joie (Jg 9,13/ Ps 104,15) à qui en use avec mesure. (Si 31,27). Ainsi donc la Joie embrasse toutes les dimensions de l’existence. Elle est le baromètre auquel on peut jauger le degré de charité d’une communauté, le degré d’amour d’une famille, le degré de bonheur d’une société, le degré de lumière d’une spiritualité. Plus encore la joie est aussi le deuxième fruit l’Esprit Saint selon l’épître aux Galates (5,22). Du reste, sous l’action de l’Esprit Saint, Notre Seigneur Jésus a longuement prié avant sa mort et il a formulé cette demande en faveur de ses disciples : « Pour qu’ils aient en eux ma joie en plénitude. » (Jn 17,13). Nous comprenons que le Pape Paul VI ait pu écrire : « Celui qui a rencontré le Christ Ressuscité devrait toujours avoir le charisme de la joie. » La joie de la solidarité fraternelle : Visitation (Luc 1,39)

La joie de l’Unité vécue : Prière sacerdotale. (Jn 17)

La Joie de la miséricorde festive : Le Fils Prodigue. (Luc 15,11)

La joie du témoignage rendu : Communion spirituelle. (1Jn 1,3)

La Joie des communautés unies : Fécondité apostolique (Ph 2,17-18)

La Joie des retrouvailles Christiques : Allégresse pascale (Jn 20,20)

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer à priori, la joie est une vocation et une mission qui appellent chacun à la conversion. Car comme l’écrit le Père Maurice ZUNDEL : « Etre chrétien, ce n’est pas promener dans le monde une figure morose, ce n’est pas répandre autour de soi ses mauvaises humeurs, ce n’est pas dissoudre la joie des autres. ».

À redresse cœur

Plutôt qu’à rebrousse-poil

Éclate la Joie.

Jumelle sœur de la vie

À cœur joie

À cor joue

Passerelles des ciels.

À redresse âme

Plutôt qu‘au grand dam

Danse l’allégresse.

Jumelle sœur de liesse

À cœur joie

Accord joue Richesse de Sagesse.

À redresse Corps

Plutôt qu’à son corps défendant

Virevolte la gaîté.

Jumelle sœur de liberté

À cœur joie

À corps joue

Vendanges de rires.

À redresse esprit

Plutôt qu’à l’étroitesse d’esprit

Fuse la bonne humeur.

Jumelle sœur de l’humour

À cœur joie

Encore joue

Moisson de délices.

À redresse Souffle

Plutôt qu’à bout de souffle

Trompette la fête.

Jumelle sœur de jubilation

À cœur joie

Accord joue

Pressoir de ravissement

Père Jean-Parfait CAKPO.

Coeur joyeux améliore la santé.
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