« BAPTISÉS ET ENVOYÉS… »

Pape François (MME)

 

Elle est devenue inoubliable pour les Apôtres car c’était là que le Seigneur Jésus ressuscité leur avait donné rendez-vous. La montagne inaugurale de la mission ecclésiale en Galilée : Ils l’ont entendu déclarer : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc de toutes les nations faites des disciples. Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ; apprenez –leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. »  (Mt28, 18-20) Depuis les temps apostoliques jusqu’à nos jours, des hommes et femmes de tous âges et de toutes conditions se sont donnés totalement pour réaliser cette mission évangélisatrice du Christ. Ainsi « l’action missionnaire est le paradigme de toute œuvre de l’Église. » (Fernando. Cardinal Filoni).Dans la fidélité prolongée et actualisée de l’envoi de Jésus, notre Pape François a annoncé pendant l’Angélus du 22 Octobre 2017 que le mois d’octobre 2019, sera pour toute l’Église catholique, le Mois Missionnaire Extraordinaire. (MEE)

 

   POURQUOI CETTE PROPOSITION ?

Cette décision du Pape s’inscrit, avant tout, dans la célébration du centenaire de la promulgation de La Lettre Apostolique Maximum Illud de Benoît XV. En outre, elle a également pour but, « d’alimenter l’ardeur évangélisatrice de l’Église ad gentes» selon les mots du souverain Pontife lui-même. Bien plus encore, la volonté d’actualisation  de la mission et son urgence sont au cœur du désir pastoral du premier évêque du monde. Aussi comprenons-nous cette belle formule du Pape estimant que chaque homme et chaque femme est une mission. Au point d’écrire dans « Evangelii Gaudium.273 », ces mots que toutes et tous peuvent s’appliquer:« Je suis une mission sur cette terre et pour cela je suis dans ce monde.»                       

 

AUTOUR DU THÈME CHOISI

« BAPTISÉS ET ENVOYÉS : L’ÉGLISE DU CHRIST EN MISSION DANS LE MONDE.»

Il est heureux que le thème du mois missionnaire prenne source dans le baptême. Celui-ci est le fondement de la vie chrétienne, le porche de la vie dans l’Esprit (vitae spiritualis iannua) et la porte qui ouvre l’accès aux autres sacrements. Par le baptême, nous sommes libérés du péché et régénérés comme fils et filles de Dieu ; nous devenons membres du Christ et nous sommes à l’Église et faits participants de sa mission. (CEC art1§1213) Il apparaît ici clairement qu’être baptisé d’une part et être en mission pour le Christ, d’autre part,  sont deux réalités inséparablement liées comme les deux faces d’une même feuille. La belle feuille de route que Jésus avait donnée aux Douze et aux Soixante et douze qu’il envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades.(Marc 6,7-13)

Le thème proposé nous éclaire aussi sur l’importance de la confiance et la centralité de la foi dans le Seigneur pour une compréhension de notre mission. En écrivant : « Baptisés et envoyés », le Pape nous invite à comprendre que c’est au nom de l’amour trinitaire que nous sommes envoyés. Car le sacrement du baptême, c’est le plongeon mystérieux et heureux dans la Relation matricielle du Dieu Unique, éternellement Père et Fils et Saint Esprit. C’est en son nom que nous sommes baptisés. Et c’est par son amour et dans son amour que nous sommes envoyés en mission. Envoyés au nom du Père, vers toute la Création puisqu’Il est révélé et cru comme le Créateur. Envoyés au nom du Fils, Jésus vers toute l’humanité des hommes et femmes puisqu’Il a pris chair de notre chair et s’est installé parmi nous. (Jn1, 14)Envoyés au nom du Saint Esprit, nous sommes, puisqu’Il est répandu dans nos cœurs et fait porter à nos vies les fruits de sa grâce d’amour, de joie, de patience, de bonté, de bienveillance, de foi, de douceur, de maîtrise de soi bref de miséricorde. (Os6, 6/Luc4, 18-19/Ga 5,22) En d’autres termes, ce n’est donc nullement au nom de nous-mêmes, selon notre humeur personnelle, encore moins à l’aune de notre seul jugement de valeurs, dans une autocélébration que les baptisés sont envoyés. Ils doivent se référer à Dieu et l’invoquer. Mais alors s’interrogeait déjà l’Apôtre des Nations, Saint Paul, il y plus de deux mille ans  à propos des non croyants : « Or comment l’invoqueraient-ils, sans avoir cru en lui ? Et comment, croiraient-ils en lui sans l’avoir entendu ? Et comment l’entendraient-ils si personne ne le proclame ? Et comment le proclamer sans être envoyé ? Ainsi la foi naît de la prédication et la prédication, c’est l’annonce de la parole du Christ. Je demande alors : N’auraient-ils pas entendu ? Mais si ! Par toute la terre a retenti leur voix et leurs paroles jusqu’aux extrémités du monde. » (Romains 10, 14-18)

Ce dernier mot est aussi celui qui clôt le thème, non pas pour signifier sa clôture mais son ouverture au monde. Les baptisés sont dans le monde sans être du monde. Ils doivent œuvrer dans le monde. À la vérité, notre Église est dite catholique, c’est-à-dire universelle car la foi dont elle est la Servante et  l’Espérance dont elle est la Matrice,  n’ont pas de frontière. Elle est répandue dans le monde car Jésus est vraiment venu rassembler pour Dieu son Père, dans la grâce l’Esprit saint,  des hommes et femmes de toutes cultures, langues, peuples et nations. (Ap5, 9) La mission du Christ élargit notre regard aux dimensions du monde de Dieu dont les limites sont à la mesure de son amour sans mesure. Voilà pourquoi, cohérence oblige, la première attitude est de nous tourner vers lui dans une prière de confiance et d’Espérance. Car, comme nous l’enseigne la Sainte Patronne des Missions, Sainte Thérèse de Lisieux : « De Dieu, on reçoit autant qu’on en espère.»

 

 

Père Jean-Parfait CAKPO

Edito du mois d'octobre 2019.
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