Dimanche 28  Juin 2020 : XIIIème ordinaire A.

Mt 10,37-42/ Ps 88/ 2R4, 8-11-16/ Rm6, 3-4,8-11/

 

Pour faire fleurir la Bonne Nouvelle

Le Christ nous invite à l’aimer de plus belle.

C’est là une belle mission à accomplir

Dans le monde et ce temps, saurez-vous l’accueillir ?

 

Elle est belle et magnifique, cette histoire biblique, tirée du deuxième livre des Rois et proposée à la messe de ce dimanche. C’est la première lecture c’est-à-dire comme le texte sacré qui ouvre la célébration dominicale catholique dans le monde entier. De qui s’agit-il ?

Il y a trente siècles, un prophète passait dans un pays appelé Sunam. Il y avait là, une femme riche qui avait alors  proposé à son mari d’aménager comme un petit studio pour l’homme de Dieu. Avez-vous remarqué qu’il est écrit vers la fin du texte : « le serviteur d’Élisée appela la sunamite et elle se présenta à la porte. » Je souhaite vivement que cette histoire frappe votre esprit et frappe à la porte de votre cœur mais aussi de votre âme. Puisqu’il est écrit dans l’Apocalypse: « Le Seigneur Dieu déclare : voici que je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour m’asseoir. »(Ap3, 20) La femme de Sunam riche mais pauvre d’enfant ainsi que son mari âgé ont ouvert leur cœur et leur maison pour héberger le prophète Elisée. Ce n’est pas rien lorsqu’on se souvient que même dans notre pays en France le problème de logement et d’hébergement reste un défi social majeur. Faut-il ajouter que dans le monde, actuellement, il y a 80 millions de personnes (c’est plus que toute la population française) qui sont déplacées et entassées dans des camps de fortune et sans toit ? Pendant le terrible confinement, la consigne  était celle-ci« restez chez-vous. » Et quand on n’a pas un « chez soi ? »Alors, en guise de remerciement, le prophète Élisée a dit à la dame de maison ces mots combien renversants de bonheur : Ici, je  préfère la traduction  de Chouraqui quand il écrit : «À ce rendez-vous, comme à temps vif, toi, tu étreindras un fils. »(2R 4,16) Autrement dit, tu enlaceras, tu presseras un nourrisson entre tes bras.

Frères et sœurs bien aimés, chers amis du Christ, chers enfants de Dieu. En écoutant et en méditant ce récit biblique, je voudrais avant tout vous inviter à prier pour ceux et celles qui auraient aimé avoir des enfants et n’ont pas pu. Une femme me disait, c’est viscéral. Mais il faut dépasser le simple sens premier de ce texte pour entendre le message qui se résume en un seul verbe : Accueillir.

Accueillir pour vivre. Accueillir pour s’épanouir. Accueillir, c’est un synonyme du verbe aimer : un devoir chrétien. La fécondité de la sunamite a été possible grâce à l’hospitalité. Tu presseras un enfant contre ton cœur. Quand le prophète Élisée il ouvre un avenir. Mais qu’est-ce qu’un enfant ?

Un enfant, une enfant, c’est une promesse et un appel à aller de l’avant. C’est l’ouverture à un nouvel horizon. C’est l’accueil d’une vie nouvelle. Fabriquer des châteaux avec du sable et le voir emporter par les vagues; pleurer pour rien et s’inquiéter de tout. Poser des questions de rigueur et oublier la réponse, voilà l’enfant. Avec lui, vous ne pouvez dormir sur vos lauriers. Saint Paul le dit clairement dans la deuxième lecture de ce jour : « Si nous avons reçu le baptême, c’est pour que nous menions une vie nouvelle. »(Rm6, 3-11)

Or le baptême comme les autres sacrements commencent par l’accueil. J’ai toujours du mal à admettre que des Chrétiens soient pressés de partir dès qu’on annonce l’accueil d’un bébé pour un baptême. Je me dis que soit, ils n’ont jamais été enfant, soit qu’ils n’ont pas cinq minutes à accorder à quelqu’un que ses parents ont dû attendre au moins neuf mois ; soit encore qu’ils ne veulent pas que l’Église enfante de nouveaux membres. Dans ce dernier cas, comment pourra-t-elle se renouveler ? L’enfantement est un renouvellement et cela nous concerne tous. Mais cela n’est possible qu’avec un changement, un cheminement. Celui que nous indique le psaume du jour 88 en ces mots. Que chante en nos vies l’amour de Dieu. « Un amour bâti pour toujours. Que soit transmise d’âge en âge, la foi au Dieu vivant. Que le bonheur des chrétiens soit communicatif : « heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu.» Que se propage la solidarité, le partage, l’émerveillement. Apprenons à accueillir à la suite du Christ Jésus.

Accueillir les autres avec humilité pour grandir en humanité.

Accueillir nos pauvretés pour comprendre les précarités.

Accueillir la prière pour recueillir la lumière.

Accueillir les prophètes de ce temps et sortir de la dictature du tout, tout le temps.

Accueillir la modernité sans oublier la finalité et la pérennité.

Accueillir la différence pour grandir en nuance.

Accueillir notre vocation d’être crées par Dieu pour accomplir notre mission de proclamer la Bonne Nouvelle. Alléluia !

Père Jean Parfait CAKPO

Homélie du 28 juin 2020.
Retour à l'accueil