PAROISSE ST THOMAS DE LA TOUQUES
XXXIIe Ord. B - 6 Novembre 2021
1R17, 10-16 / Ps 145 / He 9, 24-28 / Mc 12, 38-44
 
 
Un éloge pour deux femmes 
De l'amour quelles vraies flammes ?
Pour vraiment si peu de chose
Quel enseignement grandiose ?
 
 
Bien-aimés fils et filles de Dieu
Chers amis du Christ
 
Il y a en français un mot extraordinaire qui garde les caractéristiques de ses étymologies latines avec la double richesse liée au neutre. C'est le mot "hôte". Du latin hospes ou hostis. Lorsqu'on se réfère à hospes, l'hôte signifie à la fois "la personne qui donne l'hospitalité et la personne qui reçoit l'hospitalité". Dans ce cas, donner et recevoir sont intimement liés, inséparables, comme les deux faces d'une pièce de monnaie. Et de pièce de monnaie, il est question dans l'Evangile du jour. Et de la dynamique de l'hôte, ou de l'hospitalité, il est question dans la première lecture tirée du livre des Rois.
C'était à l'époque du Roi Achab qui régna sur Israël au IXe siècle avant Jésus Christ (-874-853). Son épouse la Reine Jezabel infligea une persécution cruelle aux prophètes et spécialement à Elie, le prophète dont il est question dans la première lecture du jour. Dieu dit alors à Elie que dans le pays hostile (hostis) où il va se réfugier, il sera l'hôte d'une veuve qui assurera sa subsistance (1R17, 1-9). Mais la veuve qu'il rencontra était dans une misère extrême : Pourtant le prophète Elie ne fut pas ébranlé dans sa confiance. Alors il lui dit : "Veux-tu me puiser avec ta cruche un peu d'eau pour que je boive ? Apporte-moi aussi un morceau de pain." La réponse qu'elle donne au prophète est terrible : "Je le jure par la vie du Seigneur, ton Dieu, je n'ai pas de pain. J'ai seulement, dans une jarre une poignée de farine, et un peu d'huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et mon fils ce qui nous reste. Nous mangerons et puis nous mourrons."
Admirable est la foi de cette femme étrangère, misérable, veuve et ayant à charge un enfant à nourrir avec si peu avant de mourir. Je voudrais vous demander, chers frères et sœurs de prier pour les femmes qui sont veuves et seules, qui élèvent leurs enfants - parfois sans ressources - et qui parfois n'arrivent pas à dire à leur progéniture ce qui manque. Parce qu'elles croient en la vie. Or la vie c'est la rencontre. Cette veuve allait vers la mort et elle fait une rencontre avec le Prophète Elie, et de leur dialogue renait la confiance. Admirable est la foi de cette veuve de Sarepta. Jésus lui-même citera l'exemple de la foi de cette femme veuve. Mais c'est la foi doublée d'un amour puissant qui est au cœur du geste de la veuve de la synagogue. Celle qui donne au Trésor non pas le superflu mais ce qu'elle avait pour vivre. Dans les deux cas, les deux femmes ont donné tout ce qu'elles avaient pour vivre.
Sainte Mère TERESA de Calcutta disait : "Ce qui compte ce n'est pas ce que l'on donne mais l'amour avec lequel on donne." Par amour Jésus se donne à nous dans l'Eucharistie. Et vous ? Etes-vous généreux ? Ou radins ?
Soyez bénis vous toutes et tous qui donnez ce que vous avez et ce que vous êtes pour que vivent les autres, pour que progresse le monde, pour les pauvres. Comme le conseille le Concile Vatican II à la suite de St Paul, Apôtre : "Chacun doit donner selon son cœur, comme il l'a décidé." 2Co 9,7 Selon le cœur, car Dieu voit les intentions du cœur. Il ne s'arrête pas aux apparences des pharisiens ni aux faux semblants des grands qui font sentir leur pouvoir en donnant le superflu de leur avoir.
Mais pour que le miracle de la jarre qui ne tarit pas se réalise, il y a une condition. Celle que formule le prophète Elie en ces mots : "N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit." Cela ne vous rappelle rien ? A Cana, Marie dit aux serviteurs : "Faites tout ce qu'il vous dira." Jn 2,5
Ecoutons encore ces mots :
N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit
Parce que ta conscience te le dit.
N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit
A la foi, cela donne du crédit.
N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit
Parce que l'espérance nous grandit.
N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit
Car l'amour mérite d'être redit.
N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit
Donner aux pauvres du pain, des habits.
N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit
Mais pour aimer, faut-il être érudit ?
Partager, est-ce interdit ? Qui l'a dit ?
 
 
Père Jean-Parfait CAKPO
 
 
Homélie du 6 novembre 2021.
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